Les solutions d’informatique décisionnelle sont peut-être les outils les plus essentiels aux entreprises qui tiennent à se moderniser. L’aspiration à comprendre et à exploiter les masses de données auxquelles les entreprises ont accès quotidiennement est un grand moteur de la transformation numérique. En permettant aux entreprises de comprendre leurs données, mais aussi d’en tirer des renseignements exploitables, les plateformes d’informatique décisionnelle les aident à prendre des décisions plus avisées et plus percutantes qui les rapprocheront de leurs buts et feront avancer leurs initiatives.

Ce concept n’est pas révolutionnaire. Depuis environ cinq ans, les entreprises accordent un très grand intérêt à l’exploitation de l’analytique. Toutefois, malgré cette stratégie empressée, le taux d’adoption des outils d’informatique décisionnelle par les utilisateurs reste faible.

Selon le rapport Grid® sur les plateformes d’informatique décisionnelle (printemps 2018) de G2 Crowd, les entreprises affichent un taux d’adoption par les utilisateurs de 51 % seulement en moyenne pour tous les produits de la catégorie. En guise de contexte, selon les examinateurs de G2 Crowd, les produits de GRC sont adoptés à hauteur de 77 %, les outils d’automatisation du marketing à hauteur de 71 % et les logiciels de comptabilité à hauteur de 79 %.

Les plateformes d’informatique décisionnelle sont principalement utilisées par les professionnels des données, tandis que les outils d’informatique décisionnelle en libre-service sont destinés aux autres professionnels travaillant en entreprise. On constate néanmoins peu de différence quant au taux d’adoption par les utilisateurs. Les outils d’informatique décisionnelle en libre-service sont adoptés à hauteur de 54 % seulement, toujours selon le rapport Grid® sur l’informatique décisionnelle en libre-service (printemps 2018). Par ailleurs, les produits d’informatique décisionnelle embarquée affichent le même taux d’adoption de 54 %, même s’ils sont à première vue plus pratiques et plus disponibles.

Pourquoi les utilisateurs boudent-ils autant l’informatique décisionnelle ?

Si l’exploitation des données est une telle priorité pour les entreprises et un pilier de la transformation numérique, on pourrait penser qu’il serait urgent que les employés tirent parti des logiciels d’informatique décisionnelle. Je crois que la plupart des entreprises ressentent cette urgence, mais qu’elles ne parviennent pas à expliquer pourquoi.

Si les hauts dirigeants – tels que les directeurs des systèmes d’information, de la technologie et des données – peuvent tous vous dire que leur entreprise a besoin d’exploiter ses données pour gagner en intelligence, cela n’incite pas nécessairement les employés à penser de même.

C’est particulièrement vrai pour ceux qui ont déjà une certaine ancienneté et qui n’ont jamais eu à utiliser un outil d’informatique décisionnelle pour s’informer. Ceux-là continuent plutôt à travailler tout simplement comme ils l’ont toujours fait.

Renforcer la mentalité axée sur les données

Mais les entreprises ont besoin de changer cet état d’esprit. Si elles souhaitent s’axer pleinement sur les données, non seulement elles ne doivent pas se contenter d’acquérir des solutions d’analytique, mais elles doivent aussi contribuer à changer le regard de leurs employés sur les données. Voici quelques pistes envisageables.

1. Faire de l’informatique décisionnelle une nécessité, et non un luxe :

À une certaine époque, comprendre les données d’une entreprise était un bonus dans le cadre des processus de travail ordinaires. Cependant, à l’ère de la transformation numérique, ce n’est plus un luxe mais une nécessité, et les employés devraient adopter cette mentalité.

La différence entre les outils d’informatique décisionnelle et d’autres logiciels – tels que les outils de GRC, d’automatisation du marketing et de comptabilité – réside dans le fait que les employés qui les utilisent en ont désespérément besoin pour leurs tâches quotidiennes : ils leur sont indispensables. Les représentants commerciaux passent un temps fou avec leurs outils d’automatisation de la force de vente et les comptables travailleraient des heures inutilement sans leurs logiciels.

Or, à l’exception des analystes des données ou des scientifiques des données, la plupart des employés peuvent se passer d’une plateforme d’informatique décisionnelle. Cela doit changer si l’on souhaite augmenter le taux d’adoption par les utilisateurs.

Les employés devraient avoir à se plonger dans les données avant de prendre des décisions à fort impact. Que ce soit pour prévoir le nombre d’embauches ou ajuster le prix d’un produit, les dirigeants doivent exiger que les données apportent une preuve substantielle que leurs choix se traduiront par une évolution positive.

Face à cette démonstration, le taux d’adoption de l’informatique décisionnelle par les utilisateurs augmentera naturellement. D’un côté, davantage d’employés utiliseront les outils, et de l’autre, l’entreprise y trouvera son compte en prenant plus de décisions commerciales fondées intégralement sur les données.

2. Promouvoir le succès de l’informatique décisionnelle de haut en bas :

Pour encourager les utilisateurs à adopter l’informatique décisionnelle, il peut s’avérer très efficace de mettre en avant les témoignages de réussite. Si les dirigeants mentionnent des projets qui ont eu de grandes répercussions sur les indicateurs de performances clés de leur entreprise grâce au recours à des outils d’informatique décisionnelle, cela peut faire forte impression sur leurs employés.

Il est notamment possible de rédiger une étude de cas interne qui explique comment une équipe a su utiliser l’informatique décisionnelle pour atteindre ses objectifs. Cela peut sembler excessif au premier abord, mais les dirigeants créent sans cesse des études de cas dans une optique de marketing pour démontrer comment leur activité ou leur produit profite aux autres. Pourquoi ne prendraient-ils pas le temps de démontrer en une page que l’outil d’informatique décisionnelle utilisé en interne peut profiter à leurs employés ?

Ce procédé peut s’avérer particulièrement percutant si l’étude de cas est présentée par un responsable ou un cadre supérieur. Si les employés peuvent voir des exemples pertinents d’utilisation des logiciels d’informatique décisionnelle, le taux d’adoption augmentera forcément.

3. Formation continue :

Les plateformes d’informatique décisionnelle ne sont pas des solutions cloisonnées. Elles offrent des possibilités pratiquement infinies, ce qui signifie qu’une seule formation ne suffit pas. Les administrateurs et les utilisateurs avancés devraient être chargés de mettre en place des initiatives de formation continue pour apprendre aux utilisateurs à réellement tirer parti du logiciel.

Lorsque les employés connaissent mieux les outils disponibles, ils sont plus susceptibles de les utiliser. S’ils comprennent par ailleurs comment filtrer les données, les explorer plus en profondeur et les manipuler pour en tirer des renseignements utiles pour eux, ils pourront faire pencher la balance de leur entreprise du côté du pilotage par les données.

L’exploitation des ressources des fournisseurs représente une autre occasion majeure de se former. De nombreux fournisseurs de logiciels créent des FAQ et des études de cas pour aider les utilisateurs à se renseigner sur leurs outils. Ils peuvent également proposer des formations plus pratiques sous la forme de webinaires ou de didacticiels vidéo. En demandant aux utilisateurs de regarder ces vidéos et en les ajoutant à leurs processus internes d’intégration et de formation, les entreprises peuvent facilement encourager et augmenter l’adoption générale par les utilisateurs.

Enfin, tous les outils logiciels ne s’avèrent utiles que si leur potentiel est pleinement exploité. Si les entreprises sont vraiment axées sur la modernisation par le biais de la transformation numérique (dont l’analytique et l’informatique décisionnelle sont des facteurs clés), elles ne prennent pas toujours les mesures nécessaires pour assurer une adoption à l’échelle de l’entreprise. En suivant ces quelques conseils simples mais efficaces, les dirigeants peuvent contribuer à doper un taux d’adoption faible tout en influant de manière significative sur leurs buts commerciaux.

À propos de l’auteur

Rob Light


Rob Light est directeur de la recherche chez G2 Crowd, où il se concentre sur l’analytique, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets.